08 avril 2009
PHYSIONOMIE DE LAPIDARIUM
Αυτός εδώ λιθοβολεί / κι αυτός εκεί λιθοβολείται/ ο άλλος πάλι κάθεται/ μετρά τις πέτρες.
Celui-ci lapide / et celui-là est lapidé / l'autre de son côté ne fait rien / il compte les pierres
Daniil Yiorgos (1938-1991)
Quelle vision habite respectivement ces trois hommes, sont-ils d'ailleurs moins de deux ou plus de trois?
Je me suis mise à considérer les murs comme des arsenaux. Je voyais « je» dégager des armes d’une muraille, et sa rage se changer en agonie au fur et à mesure que le lapidarium s’épuisait : sa main droite tenait la dernière pierre, la gauche cherchait encore et encore derrière lui. « Tu » était lentement pulvérisé, les pierres buvaient son sang et son corps, il gagnait l’aspect pétrifié d’un nouveau lapidarium dressé comme une pile d’archives, une urne volcanique ou un haut-fourneau. « Il », dieu obligé ou homme à l’écart, montrait une attitude ambigüe : donne-t-il l’ordre, garde-t-il les pierres ou le rituel, réprouve-t-il ? Est-ce lui le prochain ? Est-il indifférent, impartial ou aveugle au spectacle, compte-il les soubresauts sur la chair comme il aurait compté les retours de l’eau ou les voltes d'une toupie ? Je vois les pierres arrachées à la muraille bâtir sensiblement la lice qui l’entoure, sous laquelle gît le lapidé.
"Me llamarán, nos llamarán a todos.
Tú, y tú, y yo, nos tornaremos
en tornos de cristal, ante la muerte.
Y te expondrán, nos expondremos todos
a ser trizados ¡zas! por una bala.
Bien lo sabéis. Vendrán
por ti, por mi, por todos.
Y también por ti. (Aquí no se salva
ni Dios. Lo asesinaron.)
Escrito está. Tú nombre está ya listo,
temblando en un papel. Aquél se dice :
abel, abel, abel...o yo, tú, el..."
Blas de Otero.
http://www.youtube.com/watch?v=Ksf5CrJ4xk4
