Les physionomies d'Eon

Textes se référant à la littérature et l'histoire, principalement helléniques

07 janvier 2009

PHYSIONOMIE DE SEULE FOIS

100_0079

Ποταμος τος ατος μβανομν τε καοκ μβανομεν, εμν τε καοκ εμεν

Héraklite

"Dans les mêmes fleuves nous entrons et nous n'entrons pas, nous sommes et nous ne sommes pas"

Je voulais parler de ceci, finalement je parlerai de cela : sans l’avoir prémédité, je réponds ainsi aux paroles de ce poème contenu dans Les R de l’amour de Elytis ; cela me fait sourire, et me rappelle Mon père avait bien raison de Sacha Guitry.

Elytis a composé des poèmes dont un certain nombre a été mis en musique, ce qui est la consécration de la poésie, lorsqu’elle retrouve ainsi sa destination première, celle d’être mélopée. D’ailleurs, poésie et chanson sont (étaient ?) indissociablement mêlées dans la culture hellénique.

Il s’en ouvre au lecteur dans son introduction au recueil : « Les anges chantent. Les amoureux aussi. Derrière chaque exaltation, derrière chaque désir et chagrin, une guitare est prête à s’emparer des mots et à les faire voyager sur les lèvres. Ce n’est pas peu, cela. La joie de donner de la joie aux autres, voilà ce qui nous maintient en vie. C’est pourquoi, auprès de mes poèmes, j’ai essayé d’écrire quelques chansons, sans qu’elles aient pour moi moins de valeur. D’ailleurs, on parle toujours de ce que l’on aime, et au-delà la parole est à ceux qui l’entendent. On dit que le genre a des règles définies. Je ne les connais pas et en tout cas, elles ne m’intéressaient pas ou je n’ai pas pu les suivre. Chacun travaille comme il le sent. Et la mer est infinie, les oiseaux sont myriades, les nuits aussi nombreuses que les combinaisons qui peuvent naitre des sons et des paroles, quand l’amour et le rêve règnent à l’unisson ».

ΤΟ ΠΑΡΑΠΟΝΟ/PLAINTE

Εδώ στου δρόμου τα μισά

Έφτασε η ώρα να το πω

Άλλα είν’ εκείνα που αγαπώ

Γι’αλλού γι’ αλλού ξεκίνησα

Ici, à la mi-chemin

Est arrivée l’heure de le dire

Autres sont les choses que j’aime

Vers d’autres choses j’étais parti

Στ’αληθινά στα ψεύτικα

Το λέω και τ’ ομολογώ

Σαν να’ μουν άλλος κι όχι εγώ

Μες στη ζωή πορεύτηκα 

Pour de vrai ou pour de faux

Je le dis et j’en fais l’aveu

Comme si j’étais autre que moi-même

J’ai dans la vie cheminé

Όσο κι αν κανείς προσέχει

Όσο κι αν τα κυνηγά

Πάντα πάντα θα’ ναι αργά

Δεύτερη ζωή δεν έχει 

On a beau y être attentif

On a beau prolonger leur quête

Toujours toujours il sera tard

Vivre deux fois cela n’est pas

Voici le poème chanté par Elefthéria Arvanitaki

http://fr.youtube.com/watch?v=G3ZoenlqJuY

Photographie Sapience Malivole, "Ruisseau d'Andros en plein juillet"

Posté par sapiencemalivole à 14:26 - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


« Accueil  1