Les physionomies d'Eon

Textes se référant à la littérature et l'histoire, principalement helléniques

11 décembre 2008

PHYSIONOMIE DE CITE

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« Από τη συνειδητοποίηση ότι η συναίνεση που όλοι δώσαμε στον συνδυασμό ιδιωτικού πλουτισμού και δημόσιας φτώχειας, γυρνάει τώρα και μας εκδικείται»

« De la conscience que l’assentiment, que nous avons tous donné à la combinaison de la richesse privée et de la pauvreté publique, se retourne contre nous et se venge ».

Cette phrase de Yiannis Voulgaris, professeur de Sciences Politiques à l’Université Pandéion, met le doigt sur une attitude du citoyen dont on parle beaucoup à propos de la Grèce.

J’ai déjà, sur La République des Libres, exprimé ce que je pense être les causes de cet historique mauvais vouloir des Grecs envers leur Etat. D’un autre coté, celui-ci semble être la planche de salut commun, que l’on voudrait sentir sous son pied lorsque s’abat la tourmente.

C’est en de telles circonstances que l’on se rend compte combien la notion d’Etat hellénique est finalement davantage une sauvegarde psychologique qu’une conception afférente à l’idéologie politique, et combien son affaiblissement ou sa disparition serait la perte définitive d’un héritage communautaire qui, de l’empire à la royauté passant par la dictature et la démocratie, a finalement été transmis  jusqu’à aujourd’hui.

La particularité de l’Etat hellénique est qu’il ne semble guère exister que dans sa dimension patriotique : un espace, une tribu, une langue, une religion. Voilà ce que l’on trouve au fond de la conscience de l'Hellène. Peu importe ce que l’on en fait de l’intérieur, il suffit que cela protège de l’extérieur : idées déjà antiques.

Mais l’Etat lui-même, c’est-à-dire ses gouvernements successifs, s’est trop attaché à se faire le gardien de ces antiques composantes d’unité nationale. Il n’a pas socialement servi son peuple : il ne l’a pas protégé et modernisé par des lois sur le travail, le logement, l’assainissement, l’éducation, la santé, la retraite. Il a seulement voulu, par des ponctions d’impôts tracassières, reprendre son dû que lui soustrayaient, de toutes leurs forces et de toute leur âme, ses contribuables habitués à l’autarcie politique. Faute de cela, l’héritage n’a pas préservé la société hellénique de se fissurer en une multitude de groupes sociaux, auxquels il faut désormais ajouter celui des immigrés, chacun luttant pour lui-même et communiquant difficilement avec l’autre.

Ce n’est pas un Etat, c’est un despotat élu ; ils ne sont pas citoyens, ils sont Grecs.

Photographie Sapience Malivole, Andros. 

Posté par sapiencemalivole à 19:51 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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