Les physionomies d'Eon

Textes se référant à la littérature et l'histoire, principalement helléniques

06 décembre 2008

PHYSIONOMIE D'OBSERVATOIRE

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Άγιε Νικόλα φύλαγε, κι Άγια Θαλασσινή

"Saint Nicolas, veille sur nous, et toi Sainte De la Mer"

Nikos Kavvadias, "Thessalonique"

Aujourd'hui six décembre, c'est la Saint Nicolas, figure salvatrice du monde qui se déplace sur l'eau salée, et convient à la circonstance la parole d'Andréas Karkavitsas (1865-1922), plus connu pour avoir écrit l'inoubliable "Mendiant", nouvelle d'inspiration vériste ou naturaliste dont j'espère bien reparler à l'occasion. Médecin, il a passé une partie de sa vie dans la marine, et nombre de ses textes, écrits pour la plupart en langue démotique, mettent en scène de façon vécue la lutte contre la vague et pour la vie, d'où naissent l'épique et le merveilleux.

Χύθηκε τρελλοβοριάς στο πέλαγο, σήκωσε μεσουρανίς το κύμα. Αφροί κάτασπροι απλώνουνται ολούθε, βουνά ψηλώνουν και ανοίγουν άβυσσοι. Αθέμελο το νερό, στου ανέμου το θέλημα παραδομένο, κλωθογυρίζει μέσα στα νησιά, δέρνεται και στενάζει επάνω στα χάλαρα, φεύγει στη νοτιά με γοργά πηδήματα. Οι στεριές γύρω, οι κάβοι, οι κόρφοι στέκουν αφροζωσμένοι και αχνομέτωποι. Ψηλά δεν έχει σύγνεφα ο ουρανός, τα σάρωσε ο άνεμος. Κάτω δεν έχει πλεούμενα η θάλασσα, τα έκλεισε ο φόβος στα λιμάνια. Ο ήλιος μοναχός  γοργογυρίζει ψηλά και κάτω αρμενίζει το τρεχαντήρι του Βαλμά, της λύσσας και της φρίκης μοναχικό ανάμπαιγμα. Δεν τον τρομάζει το βοριά, δεν το ψηφά το κύμα. Έχει πισσαλειμμένο το σκαφίδι του, έχει σκαρμούς από πρινάρι, κατάρτια ελάτινα, πανιά και άρμενα γερά. Κ'έχει για καπετάνιο δράκο της θάλασσας, έχει για ναύτη του δράκου τον υγιό, έχει ναυτόπουλο ένα κλαψιάρικο παιδί. Θυμώνει-ξεθυμώνει ο ναύτης, βλαστημά και μάχεται ο καπετάνιος. Και το ξύλο λεβέντικο φεύγει και χάνεται απάνω στο νερό, που σηκώνεται πύργος να του φράξη το δρόμο, που απλώνει πλοκάμια να το σύρη στους βύθους. 

"Sur la mer fondit un vent du nord furieux ; il souleva la vague jusqu’au milieu du ciel. Des écumes d’une entière blancheur s’étendent de toute part : des montagnes s’élèvent et des gouffres s’entrouvrent. L’eau sans assise ni visée, livrée à la volonté du vent, tourbillonne entre les îles, s’étrille et soupire contre les précipices, s’enfuit vers le midi à bonds rapides. Les terres fermes alentour, les caps, les anses font face ceints d’écume, le front couvert de buée. En haut, le ciel est sans nuages : le vent les a chassés. En bas, sur  la mer, ne vogue aucun navire : la terreur les a enfermés dans les ports. Seul, le soleil véloce tournoie en haut, et en bas cingle à pleines voiles le brigantin de Valma, solitaire objet du jeu de la rage et de l’horreur. Il n'effraie pas le vent du nord, pour la vague il ne compte. Il a la coque goudronnée, ses tolets sont en chêne et ses mâts en sapin ; il a les voiles et les gréements solides. Et il a pour capitaine un dragon de la mer, il a pour marin le fils du dragon, il a pour mousse un enfant larmoyant. Le marin s’encolère et décolère, le capitaine blasphème et se bat. Et le bois fier file et se perd sur l’eau, qui s’élève comme une tour pour lui barrer le passage, qui allonge des tentacules pour l'attirer vers les fonds."

Extrait de Λόγια της πλώρης, Paroles du gaillard d'avant.

Photographie Sapience Malivole "Andros"

Posté par sapiencemalivole à 18:48 - Commentaires [22] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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